samedi 1 juillet 2017

Orlando, Virginia Woolf

Voilà un récit bien surprenant ! 

Écrit comme une biographie racontant la vie d'Orlando, il parcourt quatre siècles de l'histoire d'Angleterre, du 16e au 20e, et analyse la société telle qu'elle est et qu'elle évolue : les rôles de chaque sexe, la poésie, sa place et ses poètes, l'Amour bien sûr, les mœurs, le progrès...

Au début de l'histoire, Orlando est un jeune noble anglais, un peu rêveur, en quête de la Vie, qui s'essaie à l'écriture de pièces et de poésie. Il fait un jour forte impression sur la reine Elizabeth 1re et obtient ses faveurs. Elle l'installe à la cour et il y vit comme son favori jusqu'à sa mort. Puis, sous le règne de Jacques 1er, successeur d'Elizabeth, il tombe éperdument amoureux d'une princesse russe, Sasha, qui finira par l'abandonner. Orlando quitte alors la cour et retourne sur ses terres, où il reste endormi pendant une semaine. A son réveil, il décide de fuir les femmes et demande au roi de l'envoyer à Constantinople comme ambassadeur. Dans cette ville, il fait à nouveau l'expérience d'un sommeil d'une semaine et cette fois, il se réveille femme. Il est toujours lui-même et pourtant, il a maintenant un corps de femme. On l'appelle toujours Orlando mais il devient elle... A son réveil, elle va soudainement quitter Constantinople et vivre en compagnie de Tziganes, jugeant la condition des femmes plus libre chez eux qu'en Angleterre. Mais son amour des mots, de la nature et de la beauté va la pousser à quitter les nomades et retourner en Angleterre, où elle vivra entre sa demeure natale et Londres, entre les poètes, la bonne société et les prostituées. Elle finira par trouver l'amour auprès d'un aventurier, et la célébrité grâce à un de ses poèmes, "Le chêne", qu'elle aura écrit tout du long de sa vie, gardant le manuscrit constamment sur sa poitrine, alors qu'elle traverse les siècles, du 16e au 20e, en ayant toujours la trentaine. 

C'est plein de fantaisie, parfois délirant, et rempli d'humour. C'est déroutant et il faut accepter de se laisser entrainer par le récit à travers le temps, l'espace et le rêve. J'ai beaucoup aimé la manière dont c'est mis en scène : le narrateur est le biographe qui a pour travail de relater la vie d'Orlando et qui prend à parti le lecteur, en faisant des remarques, en ajoutant des parenthèses qui m'ont fait rire à de nombreuses reprises.

L'écriture est très impressionnante, chaque mot ayant été choisi avec soin et ayant sa place. Le style est très riche, très dense, et sert complétement l'histoire en lui permettant de s'évader dans tous les sens possibles. Virginia Woolf maîtrise parfaitement les mots et cela lui permet d'entrainer le lecteur dans un voyage continu. 

Je dirai au final que ce n'est pas une lecture facile, il faut prendre le temps de lire chaque mot, parfois à plusieurs reprises, mais c'est un texte riche qui déborde de couleurs, de nuances, de poésie. Et on ne rencontre pas une telle richesse partout.
 

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